Combien commander, et à quelle fréquence ?
Trop de stock immobilise de la trésorerie, trop peu déclenche des ruptures. Le stock de sécurité est le curseur qui arbitre entre ces deux risques. Voici sa définition, la formule de calcul la plus utilisée, un exemple chiffré de bout en bout, et les erreurs qui faussent le résultat en pratique.
La quantité à commander, et à quelle fréquence
Formule de Wilson. Le calcul se fait dans votre navigateur.
La formule suppose une consommation régulière et un délai de livraison stable. Sur un article saisonnier ou à approvisionnement incertain, elle donne un ordre de grandeur, pas une consigne.
Commander souvent et peu coûte cher en frais de commande. Commander rarement et beaucoup coûte cher en stock immobilisé. La formule de Wilson trouve le point où la somme des deux est la plus basse, et c’est tout ce qu’elle fait.
Ce que la formule équilibre
| Si vous commandez | Frais de commande | Coût de possession |
|---|---|---|
| Souvent, en petite quantité | Élevés | Faible |
| Rarement, en grande quantité | Faibles | Élevé |
| À la quantité économique | La somme des deux est minimale | |
Le coût de possession n’est pas que le loyer de l’entrepôt : il comprend l’argent immobilisé, l’assurance, la casse, l’obsolescence. Vingt pour cent du prix d’achat par an est un repère courant, mais il monte vite sur des produits fragiles ou qui se démodent.
Ce que la formule ne sait pas faire
- Elle suppose une consommation régulière. Sur un article saisonnier, elle donne une moyenne qui ne correspond à aucun mois réel.
- Elle ignore les remises sur quantité. Un palier de prix à 1 000 unités peut rendre une commande plus grosse plus rentable que l’optimum théorique.
- Elle ignore la place disponible et les contraintes de conditionnement, palettes ou lots minimum imposés par le fournisseur.
- Elle ne dit rien du risque de rupture. C’est le rôle du stock de sécurité, qui se calcule séparément.
Comment s’en servir concrètement
- Commencez par vos articles à forte rotation. C’est là que l’écart entre votre pratique actuelle et l’optimum se chiffre. La méthode ABC vous dit lesquels regarder.
- Comparez le résultat à ce que vous faites déjà. Si l’écart est faible, ne changez rien : le gain ne paiera pas le temps passé.
- Confrontez-le aux paliers de prix du fournisseur avant de trancher.
- Recalculez quand un paramètre bouge vraiment, pas tous les mois. La formule est peu sensible aux petites variations, c’est sa qualité principale.
Pour piloter tout cela dans un outil plutôt que dans un tableur, notre comparatif ERP 2026 classe les solutions que nous avons testées, et notre page sur le calcul de la rotation des stocks donne l’autre indicateur à suivre.
Questions fréquentes
Qu’est-ce que le coût de possession ?
Tout ce que coûte le fait de détenir du stock pendant un an : l’argent immobilisé qui ne travaille pas ailleurs, le stockage, l’assurance, la casse et l’obsolescence. On l’exprime en pourcentage du prix d’achat. Vingt pour cent est un repère courant, mais il grimpe nettement sur des produits fragiles, encombrants ou qui se démodent vite.
La formule vaut-elle pour un article saisonnier ?
Mal. Elle suppose une consommation régulière tout au long de l’année, ce qui n’est par définition pas le cas. Elle vous donnera une moyenne qui ne correspond à aucun mois réel. Sur ce type d’article, mieux vaut raisonner par saison, avec des prévisions et un stock de sécurité dimensionné pour le pic.
Faut-il l’appliquer à toutes les références ?
Non, ce serait du temps perdu. Concentrez-vous sur les références à forte rotation et à valeur significative, celles que la méthode ABC classe en A. Sur les autres, l’écart entre votre pratique actuelle et l’optimum théorique ne paiera pas le temps passé à le calculer.