Saisie sur salaire : comment calculer la quotité saisissable en 2026 ?
TL;DR, l’essentiel
- La saisie sur salaire (ou saisie des rémunérations) permet à un créancier de récupérer une dette en faisant retenir une partie du salaire directement par l’employeur.
- Seule une fraction du salaire net est saisissable. Elle se calcule avec un barème progressif à 7 tranches, revalorisé chaque année.
- Le salarié conserve dans tous les cas un minimum vital égal au RSA d’une personne seule, soit 651,69 € par mois en 2026.
- Les seuils sont majorés de 145 € par mois et par personne à charge (soit 1 740 € par an).
Recevoir une notification de saisie sur salaire, en tant que salarié comme en tant qu’employeur, soulève tout de suite la même question : combien peut-on réellement retenir sur la paie ? La réponse n’est ni « tout » ni « rien ». La loi protège une part du revenu et n’autorise la saisie que sur une fraction saisissable, calculée avec un barème officiel réévalué au 1er janvier 2026. Voici comment ce mécanisme fonctionne, le barème à jour, un exemple chiffré et la procédure, présentés à titre informatif et non comme un conseil juridique personnalisé.
Qu’est-ce qu’une saisie sur salaire, exactement ?
La saisie sur salaire, dont le nom juridique est désormais « saisie des rémunérations », est une procédure qui permet à un créancier (un organisme, une banque, un particulier) de récupérer une somme qui lui est due par un salarié, appelé le débiteur. Plutôt que de réclamer l’argent directement, le créancier obtient que l’employeur retienne chaque mois une partie du salaire et la reverse pour rembourser la dette.
Le principe protecteur est simple : on ne peut pas priver un salarié de la totalité de son revenu. Le législateur distingue donc trois parts sur chaque bulletin de paie.
La part insaisissable
Un minimum vital, égal au RSA d’une personne seule, reste toujours acquis au salarié : 651,69 € par mois en 2026.
La fraction saisissable
Au-dessus de ce minimum, une partie du salaire net peut être retenue, selon un barème progressif à sept tranches.
Le solde versé au salarié
Ce qui n’est ni insaisissable ni saisi est versé normalement au salarié sur son compte.
Il faut distinguer la saisie de la cession de rémunération, par laquelle le salarié consent lui-même à ce qu’une partie de son salaire serve à rembourser une dette. Les deux obéissent au même barème de quotité saisissable, mais la cession est volontaire, là où la saisie est imposée par une décision.
Quel est le barème 2026 de la quotité saisissable ?
La part saisissable augmente par tranches à mesure que le salaire monte : plus le revenu est élevé, plus la fraction que l’on peut retenir sur chaque tranche est importante. Le barème est fixé par le décret n° 2025-1299 du 26 décembre 2025 et s’applique depuis le 1er janvier 2026. Voici les tranches mensuelles de rémunération nette et la quotité saisissable correspondante.
Barème mensuel 2026 (indicatif)
- Jusqu’à 373,33 € : 1/20 saisissable
- De 373,34 € à 727,50 € : 1/10
- De 727,51 € à 1 083,33 € : 1/5
- De 1 083,34 € à 1 435,83 € : 1/4
- De 1 435,84 € à 1 789,17 € : 1/3
- De 1 789,18 € à 2 150,83 € : 2/3
- Au-delà de 2 150,83 € : totalité
Source : service-public.gouv.fr et LegiSocial, barème 2026. Les seuils annuels équivalents vont de 4 480 € à 25 810 €.
Ces seuils sont majorés de 145 € par mois (soit 1 740 € par an) pour chaque personne à charge du débiteur : conjoint sans ressources propres suffisantes, enfant à charge ou ascendant hébergé. Concrètement, chaque personne à charge « décale » le barème vers le haut et réduit donc la somme saisissable.
Quiz éclair
Sur un salaire, que peut-on toujours retenir au minimum au salarié ?
Comment calculer la fraction saisissable ?
Le calcul se fait sur la rémunération nette, après cotisations sociales, une fois retirés les remboursements de frais professionnels et les allocations pour charge de famille. On applique ensuite, tranche par tranche, le pourcentage saisissable, puis on additionne les résultats. Prenons un exemple concret.
Cas d’un salarié célibataire, sans personne à charge, avec un salaire net de 2 000 € par mois. On empile les tranches :
- Tranche 1 (jusqu’à 373,33 €) : 373,33 × 1/20 = 18,67 €
- Tranche 2 (jusqu’à 727,50 €) : 354,17 × 1/10 = 35,42 €
- Tranche 3 (jusqu’à 1 083,33 €) : 355,83 × 1/5 = 71,17 €
- Tranche 4 (jusqu’à 1 435,83 €) : 352,50 × 1/4 = 88,13 €
- Tranche 5 (jusqu’à 1 789,17 €) : 353,34 × 1/3 = 117,78 €
- Tranche 6 (de 1 789,18 € à 2 000 €) : 210,83 × 2/3 = 140,55 €
Total de la fraction saisissable : environ 471,72 € par mois. Le salarié conserve donc à peu près 1 528 € sur son compte, bien au-dessus du minimum insaisissable de 651,69 €. Si ce même salarié avait deux personnes à charge, le barème serait décalé de 290 € (2 × 145 €), ce qui réduirait la somme saisissable.
Attention
Ce montant est un ordre de grandeur indicatif, arrondi, calculé avec le barème 2026. La quotité réelle dépend de la rémunération nette exacte, du nombre de personnes à charge et d’éventuelles autres retenues déjà en cours. En cas de doute, référez-vous au simulateur officiel de service-public.gouv.fr ou à un professionnel.
Quelles sommes échappent à la saisie ?
Toutes les sommes versées par l’employeur ne sont pas soumises au barème. Certaines sont totalement insaisissables et doivent être exclues de l’assiette de calcul.
- Les remboursements de frais professionnels (déplacements, repas, télétravail), qui ne sont pas un revenu.
- Les allocations pour charge de famille et certaines prestations familiales.
- La part patronale des titres-restaurant et de la mutuelle.
- Certaines indemnités à caractère de dommages et intérêts, selon leur nature.
À l’inverse, le salaire de base, les heures supplémentaires, les primes et la plupart des accessoires du salaire entrent dans l’assiette. Une règle particulière existe pour les pensions alimentaires : le créancier d’aliments peut, via la procédure de paiement direct, être prélevé sur la totalité de la rémunération au-delà du seul minimum insaisissable, car ce type de créance bénéficie d’un régime prioritaire.
Vous gérez la paie de votre entreprise ?
Un bon logiciel RH applique automatiquement le barème et sécurise chaque retenue.
Comment se déroule la procédure de saisie ?
Depuis la réforme entrée en vigueur en 2025, la saisie des rémunérations est portée par un commissaire de justice (ex-huissier), et non plus systématiquement devant le tribunal, ce qui a raccourci les délais. Le déroulé suit quelques grandes étapes.
Le titre exécutoire
Le créancier doit d’abord disposer d’un titre exécutoire (jugement, acte notarié) constatant la dette.
Le commandement de payer
Un commandement est signifié au débiteur, qui dispose d’un délai pour régler ou contester avant que la saisie ne prenne effet.
L’avis à l’employeur
L’employeur, appelé tiers saisi, reçoit l’acte et devient légalement tenu de retenir la fraction saisissable sur chaque paie.
Le reversement
Les sommes retenues sont versées à un répartiteur, qui les distribue aux créanciers selon leur rang.
En cas de pluralité de créanciers, la fraction saisissable reste plafonnée : on ne cumule pas les saisies au-delà du barème. Les créances se règlent selon un ordre de priorité, la pension alimentaire passant avant les autres.
Quel est le rôle de l’employeur (et du logiciel de paie) ?
Une fois l’avis reçu, l’employeur n’a pas le choix : il devient responsable de la bonne exécution de la saisie. S’il ne retient pas la fraction due, il peut être tenu personnellement de verser les sommes non prélevées. C’est une charge administrative réelle, surtout quand plusieurs saisies se cumulent sur une même paie.
C’est précisément là qu’un logiciel de paie ou un SIRH devient utile. Il applique le barème à jour automatiquement, gère le minimum insaisissable et les personnes à charge, ventile correctement entre plusieurs créanciers, produit la ligne dédiée sur le bulletin et conserve l’historique des versements. Le gestionnaire évite ainsi l’erreur de calcul, qui se répercuterait sur chaque bulletin et exposerait l’entreprise.
Une saisie mal calculée n’est pas seulement un problème pour le salarié : l’employeur qui se trompe engage sa propre responsabilité. D’où l’intérêt d’un outil paramétré et à jour du barème annuel.La rédaction MiisterSoftware, repère de paie.
Bon réflexe
Vérifiez chaque janvier que votre logiciel de paie a bien intégré le nouveau barème de saisie. Les seuils sont revalorisés tous les ans : un outil qui applique l’ancien barème produit une retenue erronée dès le premier bulletin de l’année.
L’étape suivante
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Questions fréquentes
Quelle part du salaire peut être saisie en 2026 ?
Seule une fraction du salaire net est saisissable, selon un barème progressif à 7 tranches. La part saisissable va de 1/20 sur la première tranche (jusqu’à 373,33 € par mois) à la totalité au-delà de 2 150,83 € par mois. Le salarié conserve toujours un minimum insaisissable de 651,69 € par mois en 2026.
Quel est le montant minimum laissé au salarié ?
Le salarié doit conserver au minimum l’équivalent du RSA pour une personne seule, soit 651,69 € par mois en 2026. Cette somme est totalement insaisissable, quel que soit le montant de la dette.
Les personnes à charge réduisent-elles la saisie ?
Oui. Chaque tranche du barème est majorée de 145 € par mois (1 740 € par an) par personne à charge du débiteur, par exemple un enfant ou un conjoint sans ressources. Cette majoration décale le barème vers le haut et diminue donc la fraction saisissable.
Sur quelle base la fraction saisissable se calcule-t-elle ?
Elle se calcule sur la rémunération nette, après cotisations sociales, en excluant les remboursements de frais professionnels et les allocations pour charge de famille. Le salaire de base, les heures supplémentaires et les primes entrent dans l’assiette.
L’employeur est-il obligé d’appliquer la saisie ?
Oui. Une fois l’avis de saisie reçu, l’employeur devient tiers saisi et doit retenir la fraction saisissable sur chaque paie, puis la reverser. S’il ne le fait pas, il peut être tenu personnellement de payer les sommes non prélevées, d’où l’importance d’un logiciel de paie à jour du barème.