Comprendre

Salaire en arrêt maladie : comment le calculer ?

MCLa rédaction MiisterSoftware Mis à jour le 12 juillet 2026 8 min de lecture
IJSS 50 % du salaire Carence CPAM 3 jours Maintien 90 % puis 2/3 Dès 1 an d’ancienneté
Arret maladie salaire

TL;DR, l’essentiel

  • En arrêt maladie, le revenu se compose de deux briques : les indemnités journalières de la Sécurité sociale (IJSS) et, sous conditions, un maintien de salaire versé par l’employeur.
  • L’IJSS de base vaut 50 % du salaire journalier de base (moyenne des 3 derniers mois bruts divisée par 91,25), plafonnée à environ 42,97 € brut/jour (ameli.fr, juin 2026).
  • La CPAM applique un délai de carence de 3 jours : les IJSS ne démarrent qu’au 4e jour d’arrêt.
  • Avec 1 an d’ancienneté, la loi de mensualisation impose un complément employeur : 90 % du brut pendant 30 jours, puis les deux tiers, après une carence de 7 jours.
  • Tous les chiffres ci-dessous sont donnés à titre indicatif, pas comme un conseil personnalisé : votre convention collective peut être plus favorable.

« Vais-je toucher mon salaire complet pendant mon arrêt maladie ? » La réponse n’est jamais un simple oui ou non. Votre rémunération dépend de deux mécanismes qui se cumulent, avec chacun leurs règles, leurs délais et leurs plafonds. Voici comment se calcule le salaire en arrêt maladie, étape par étape, avec un exemple chiffré. Les montants sont présentés à titre indicatif et sourcés (ameli.fr, service-public.fr) : ils ne remplacent pas l’analyse de votre bulletin par un professionnel de la paie.

De quoi se compose votre revenu en arrêt maladie ?

Quand un salarié est en arrêt de travail pour maladie (non professionnelle), son revenu ne provient plus de son salaire habituel mais de deux sources qui peuvent se superposer.

1

Les IJSS

L’Assurance Maladie verse des indemnités journalières (IJSS) pour compenser une partie de la perte de salaire, à partir du 4e jour d’arrêt.

2

Le maintien de salaire

Sous conditions d’ancienneté, l’employeur complète les IJSS pour porter le revenu à un pourcentage du salaire brut, au titre de la loi de mensualisation.

3

La prévoyance, parfois

Un contrat de prévoyance d’entreprise peut s’ajouter au-delà de la période légale, selon la convention collective.

Ces briques ne se déclenchent pas au même moment et n’ont pas le même plafond. C’est cette superposition qui explique pourquoi deux salariés avec le même salaire brut peuvent toucher des montants très différents pendant un arrêt.

À retenir

On parle ici d’un arrêt maladie « classique » (maladie non professionnelle). Les règles diffèrent pour un accident du travail, une maladie professionnelle ou un congé maternité, où la carence et les taux ne sont pas les mêmes.

Arret maladie salaire

Comment se calculent les IJSS de la Sécurité sociale ?

L’indemnité journalière de base est égale à 50 % du salaire journalier de base (SJB). Ce SJB se calcule à partir de la moyenne des salaires bruts des 3 mois précédant l’arrêt, divisée par 91,25 (soit le nombre moyen de jours sur trois mois). En formule :

  • SJB = (somme des 3 derniers salaires bruts) ÷ 91,25
  • IJSS de base = SJB × 50 %

Le salaire pris en compte est toutefois plafonné : depuis la réforme entrée en vigueur en 2025, la rémunération retenue est limitée à 1,4 fois le SMIC. En pratique, l’IJSS maladie ne peut donc pas dépasser un maximum d’environ 42,97 € brut par jour (montant indicatif, ameli.fr, juin 2026, revalorisé périodiquement). Au-delà d’un certain niveau de salaire, l’indemnité n’augmente plus.

Attention au plafond

Pour un salaire élevé, l’IJSS plafonnée représente bien moins de 50 % du salaire réel. C’est là que le maintien de salaire employeur et, surtout, la prévoyance prennent tout leur sens. Vérifiez toujours le plafond en vigueur sur ameli.fr, car il est réévalué régulièrement.

Les IJSS sont soumises à la CSG et à la CRDS, mais pas aux cotisations sociales classiques : leur montant net est donc légèrement inférieur au montant brut affiché. Elles sont par ailleurs imposables.

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Qu’est-ce que le délai de carence ?

Le délai de carence est la période, en début d’arrêt, pendant laquelle aucune indemnité n’est versée. Il faut distinguer deux carences différentes, qui se cumulent.

  • Carence de la Sécurité sociale : 3 jours. La CPAM ne verse les IJSS qu’à compter du 4e jour d’arrêt. Cette carence s’applique à chaque nouvel arrêt, sauf prolongation d’un même arrêt ou reprise de moins de 48 heures pour la même affection (source : ameli.fr).
  • Carence du maintien employeur : 7 jours. Le complément légal de l’employeur ne démarre, lui, qu’au 8e jour d’absence pour une maladie non professionnelle (source : service-public.fr).

Bon réflexe

De nombreuses conventions collectives suppriment ou raccourcissent ces délais de carence, voire portent le maintien à 100 % du salaire. Consultez toujours votre convention : c’est elle qui fixe le régime réellement applicable, souvent plus favorable que le minimum légal.

Comment fonctionne le maintien de salaire par l’employeur ?

Au-delà du minimum de la Sécurité sociale, la loi de mensualisation (issue de l’accord national interprofessionnel de 1977, rendu obligatoire en 1978) impose à l’employeur un complément de rémunération, sous conditions. Pour en bénéficier, le salarié doit réunir plusieurs critères cumulatifs.

  • Justifier d’au moins 1 an d’ancienneté dans l’entreprise.
  • Avoir transmis son arrêt de travail sous 48 heures.
  • Percevoir les IJSS de la Sécurité sociale.
  • Être soigné en France ou dans un pays de l’Union européenne / EEE.

Quand ces conditions sont réunies, le montant du maintien légal suit un barème progressif, IJSS déduites (l’employeur complète ce que verse déjà la CPAM) :

J8 à J3790 % du salaire brutpendant les 30 premiers jours indemnisés90%
EnsuiteDeux tiers du salaire brutsoit environ 66,66 %, sur la période suivante2/3

Ces durées de 30 jours s’allongent avec l’ancienneté : chaque période est prolongée de 10 jours par tranche de 5 ans d’ancienneté, à partir de la 6e année. Un salarié plus ancien conserve donc plus longtemps le taux de 90 %, puis celui des deux tiers.

Enfin, l’employeur peut pratiquer la subrogation : il perçoit directement les IJSS à la place du salarié et lui verse l’intégralité du salaire maintenu sur une seule fiche de paie. Le salarié n’a alors qu’un interlocuteur, son employeur, et n’attend pas le versement de la CPAM.

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Un exemple chiffré (indicatif)

Prenons un salarié avec 2 ans d’ancienneté et un salaire de 2 000 € brut par mois, en arrêt maladie de 30 jours. Voici la méthode de calcul, à titre purement indicatif.

1

Salaire journalier de base

SJB = (2 000 × 3) ÷ 91,25 = 6 000 ÷ 91,25 ≈ 65,75 € par jour.

2

IJSS de base

65,75 × 50 % ≈ 32,88 € brut par jour, sous le plafond de 42,97 €, donc versée intégralement.

3

Carence

Aucune IJSS pour les 3 premiers jours ; le maintien employeur ne démarre qu’au 8e jour.

4

Maintien à 90 %

À partir du 8e jour, l’employeur complète les IJSS pour porter le revenu à 90 % du brut, soit une base de 1 800 € pour un mois plein.

Concrètement, sur cet arrêt de 30 jours : les 3 premiers jours ne sont pas indemnisés par la CPAM, les jours 4 à 7 sont couverts par les seules IJSS (environ 32,88 € par jour), puis à partir du 8e jour le salarié perçoit IJSS + complément employeur jusqu’à atteindre 90 % de son salaire brut. Le résultat net exact dépend de la CSG, de la CRDS et des règles de la convention collective, d’où l’intérêt d’un calcul automatisé plutôt qu’à la main.

Ceci n’est pas un conseil personnalisé

Ces montants sont des ordres de grandeur pour illustrer la méthode. Votre situation réelle dépend de votre convention collective, de votre prévoyance, de vos éventuelles primes et du plafond en vigueur. Pour un calcul opposable, appuyez-vous sur ameli.fr, service-public.fr ou un gestionnaire de paie.

Le salaire en arrêt maladie n’est pas un pourcentage unique : c’est un empilement de règles (carence, plafond, ancienneté) qu’un tableur reproduit mal et qu’un logiciel de paie fiabilise.La rédaction MiisterSoftware, repère de paie.

Comment fiabiliser ce calcul dans une entreprise ?

Pour un service RH ou un dirigeant de PME, calculer à la main l’IJSS, la carence et le maintien de salaire pour chaque arrêt est une source d’erreurs classique. Un logiciel RH ou de paie automatise l’ensemble : il applique le bon délai de carence, récupère les IJSS (via la DSN et, le cas échéant, la subrogation), calcule le complément employeur selon l’ancienneté et met à jour les plafonds à chaque revalorisation.

  • Barèmes à jour : plafond d’IJSS, taux et durées de maintien suivis automatiquement.
  • Gestion de la subrogation et rapprochement des IJSS versées par la CPAM.
  • Traçabilité : chaque ligne de bulletin est justifiée, utile en cas de contrôle.

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Questions fréquentes

Combien touche-t-on en arrêt maladie ?

La Sécurité sociale verse une indemnité journalière égale à 50 % du salaire journalier de base (moyenne des 3 derniers mois bruts divisée par 91,25), plafonnée à environ 42,97 € brut par jour (ameli.fr, juin 2026). Avec au moins 1 an d’ancienneté, l’employeur complète ce montant pour atteindre 90 % du salaire brut pendant 30 jours, puis les deux tiers. Ces chiffres sont indicatifs et peuvent être améliorés par la convention collective.

Qu’est-ce que le délai de carence en arrêt maladie ?

C’est la période non indemnisée en début d’arrêt. La Sécurité sociale applique 3 jours de carence : les IJSS ne sont versées qu’à partir du 4e jour. Le maintien de salaire de l’employeur ne démarre lui qu’au 8e jour pour une maladie non professionnelle. Beaucoup de conventions collectives réduisent ou suppriment ces carences.

Quelles conditions pour le maintien de salaire par l’employeur ?

Au titre de la loi de mensualisation, il faut justifier d’au moins 1 an d’ancienneté, avoir transmis l’arrêt sous 48 heures, percevoir les IJSS et être soigné en France ou dans l’UE/EEE. Le maintien est alors de 90 % du salaire brut pendant 30 jours, puis des deux tiers, ces durées augmentant de 10 jours par tranche de 5 ans d’ancienneté à partir de la 6e année.

Comment se calcule l’indemnité journalière (IJSS) ?

On additionne les 3 derniers salaires bruts, on divise par 91,25 pour obtenir le salaire journalier de base, puis on applique 50 %. Le salaire retenu est plafonné à 1,4 fois le SMIC, ce qui limite l’IJSS maladie à environ 42,97 € brut par jour (montant indicatif, ameli.fr, juin 2026). Ce calcul est présenté à titre informatif, pas comme un conseil personnalisé.

Qu’est-ce que la subrogation ?

C’est le mécanisme par lequel l’employeur perçoit directement les IJSS de la CPAM et verse au salarié l’intégralité du salaire maintenu sur sa fiche de paie. Le salarié a alors un seul interlocuteur et n’attend pas le versement séparé de la Sécurité sociale. La subrogation est fréquente quand il y a maintien de salaire.