Comprendre

Délais de paiement d’une facture : ce que dit la loi

MCLa rédaction MiisterSoftware Mis à jour le 12 juillet 2026 8 min de lecture
30 jours par défaut 60 j ou 45 j fin de mois max Pénalités de retard Indemnité de 40 €
Delai paiement facture

TL;DR, l’essentiel

  • Sans accord entre les parties, une facture se règle sous 30 jours à réception des marchandises ou exécution de la prestation.
  • Les professionnels peuvent négocier un délai plus long, plafonné à 60 jours à compter de l’émission de la facture ou, par dérogation, 45 jours fin de mois.
  • Tout retard déclenche des pénalités de retard et une indemnité forfaitaire de 40 € par facture, dues de plein droit.
  • Ces délais et pénalités doivent figurer sur la facture et dans les conditions générales de vente, sous peine d’amende administrative.

Une facture émise n’est pas une facture payée. En France, le délai de paiement d’une facture entre professionnels n’est pas libre : le Code de commerce fixe un délai par défaut, un plafond maximum et un mécanisme de pénalités destiné à protéger la trésorerie du fournisseur. Connaître ces règles, c’est éviter à la fois de subir des retards abusifs et d’exposer sa propre entreprise à une amende. Voici ce que dit précisément la loi, chiffres et articles à l’appui.

Le délai de paiement est-il encadré par la loi ?

Oui. Les délais de paiement entre professionnels sont régis par les articles L441-10 et L441-11 du Code de commerce. La logique tient en trois temps : la facture fixe un point de départ, un délai court, puis passé l’échéance le paiement est en retard et des sanctions s’appliquent automatiquement.

1

La facture fixe le point de départ

Le délai court à partir de la réception des biens, de l’exécution du service, ou de l’émission de la facture selon l’option choisie.

2

Le délai convenu s’écoule

30 jours par défaut, ou le délai négocié dans la limite du plafond légal inscrit dans les CGV.

3

Passé l’échéance, c’est un retard

Dès le lendemain, pénalités de retard et indemnité de 40 € sont dues, sans qu’aucune relance ne soit nécessaire.

Attention à ne pas confondre deux notions. Le délai de paiement concerne les relations entre professionnels (B2B). Face à un particulier, la loi n’impose pas de délai maximal : le paiement est en principe exigible immédiatement, et c’est le contrat ou les CGV qui fixent l’échéance. Cet article traite du cadre applicable entre entreprises.

En une phrase

Entre professionnels, le paiement d’une facture est plafonné dans le temps par la loi, et tout dépassement de l’échéance ouvre droit à des pénalités automatiques.

Delai paiement facture

Quel est le délai de paiement par défaut ?

En l’absence de délai négocié entre les parties, la loi impose un règlement au plus tard le 30e jour suivant la réception des marchandises ou l’exécution de la prestation. C’est le régime supplétif : il s’applique dès lors que le contrat ou les conditions générales de vente ne prévoient rien de particulier.

Ce délai de 30 jours est donc la référence de base. Un fournisseur qui ne mentionne aucun délai sur sa facture est réputé attendre un paiement sous 30 jours. Pour aller au-delà, il faut un accord explicite, dans la limite des plafonds ci-dessous.

Quels sont les délais de paiement maximum ?

Les professionnels peuvent convenir d’un délai plus long que 30 jours, mais la loi fixe un plafond qui ne peut jamais être dépassé. Deux modes de calcul sont autorisés, au choix des parties :

DélaiPoint de départCe qu’il faut retenir
30 joursRéception des biens ou exécution du serviceDélai par défaut, applicable sans accord
60 joursDate d’émission de la facturePlafond de droit commun négociable
45 jours fin de moisDate d’émission de la factureOption dérogatoire, à prévoir au contrat

Le délai de 45 jours fin de mois se calcule de deux manières admises : soit on ajoute 45 jours à la date de facture puis on décale à la fin du mois, soit on va à la fin du mois d’émission puis on ajoute 45 jours. Le point important : les professionnels choisissent entre 45 jours fin de mois et 60 jours nets, mais ne peuvent cumuler ni dépasser ces bornes.

Secteurs à délais spécifiques

Certaines activités relèvent de délais dérogatoires ou plus courts (transport de marchandises, produits alimentaires périssables, secteurs saisonniers, etc.). En cas de doute sur votre activité, vérifiez le régime applicable sur service-public.fr ou auprès d’un conseil.

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Quelles mentions doivent figurer sur la facture ?

La loi impose de rendre le délai visible et opposable. Trois informations sont obligatoires, à la fois sur chaque facture et dans les conditions générales de vente :

  • La date d’échéance du règlement (ou les conditions d’escompte en cas de paiement anticipé) ;
  • Le taux des pénalités de retard applicable en cas de non-paiement à l’échéance ;
  • La mention de l’indemnité forfaitaire de 40 € pour frais de recouvrement.

Omettre ces mentions expose l’entreprise à une amende, et fragilise sa position en cas de litige. Un fournisseur qui n’a pas fixé de taux de pénalité dans ses CGV se voit appliquer le taux par défaut prévu par la loi (voir ci-dessous).

Comment fonctionnent les pénalités de retard ?

Dès le premier jour de retard, des pénalités de retard sont dues de plein droit, c’est-à-dire sans qu’une relance ou une mise en demeure soit nécessaire. Elles se calculent sur le montant TTC de la facture, au prorata des jours de retard.

Le taux applicable est en principe celui fixé dans les conditions générales de vente. La loi encadre toutefois ce taux :

  • Il ne peut être inférieur à trois fois le taux d’intérêt légal (soit environ 7,86 % à titre indicatif pour le 1er semestre 2026) ;
  • À défaut de taux prévu au contrat, le taux applicable est le taux directeur de la Banque centrale européenne (BCE) majoré de 10 points, soit un taux de l’ordre de 12,15 % au 1er semestre 2026 (indicatif, taux révisé chaque semestre).

Taux indicatifs, juillet 2026 (sources : service-public.fr, entreprendre.service-public.gouv.fr). Le taux d’intérêt légal et le taux directeur de la BCE sont réévalués périodiquement : vérifiez la valeur en vigueur au moment du calcul.

Bon réflexe

Fixez explicitement votre taux de pénalité dans vos CGV. À défaut, le taux légal par défaut (BCE + 10 points) s’applique, mais un taux clairement affiché a plus de poids dissuasif et facilite le recouvrement.

Qu’est-ce que l’indemnité forfaitaire de 40 € ?

En plus des pénalités de retard, tout professionnel en retard de paiement doit une indemnité forfaitaire pour frais de recouvrement de 40 €. Elle est due automatiquement, sans justificatif, dès que le paiement dépasse l’échéance.

Trois points à bien comprendre sur cette indemnité :

  • Elle s’applique par facture impayée, et non une seule fois pour l’ensemble d’un compte client ;
  • Elle est forfaitaire : 40 € quelle que soit la durée du retard, ce n’est pas un montant par jour ;
  • Si les frais de recouvrement réellement engagés dépassent 40 €, le créancier peut demander une indemnisation complémentaire, sur justificatifs.

Comme les pénalités, cette indemnité doit être mentionnée sur la facture et dans les CGV. Elle vient s’ajouter aux pénalités de retard, pas les remplacer.

Quels recours en cas de facture impayée ?

Quand l’échéance est dépassée et que le client ne règle pas, une démarche progressive s’impose. L’objectif est d’obtenir le paiement tout en préservant la relation commerciale et, si nécessaire, en constituant un dossier solide.

1

La relance amiable

Un rappel écrit (e-mail, courrier) rappelant la facture, l’échéance dépassée et les pénalités désormais dues. Souvent suffisant.

2

La mise en demeure

Un courrier recommandé formel, dernier avertissement avant action. Il fait courir officiellement les intérêts et prépare le terrain judiciaire.

3

L’action judiciaire

À défaut de règlement, l’injonction de payer (procédure rapide et peu coûteuse) ou une assignation permettent d’obtenir un titre exécutoire.

L’injonction de payer est la voie la plus utilisée pour une créance certaine et non contestée : le créancier saisit le tribunal compétent, qui rend une ordonnance sans audience. Pour les litiges commerciaux, la médiation des entreprises offre par ailleurs une solution gratuite et confidentielle avant tout contentieux.

Ne laissez pas filer les délais

Plus une facture reste impayée, plus le recouvrement se complique. Agissez dès le premier jour de retard : une relance rapide, appuyée sur des pénalités clairement mentionnées, règle une grande part des situations.

Comment éviter les retards de paiement ?

Le meilleur recours reste la prévention. Des factures conformes, des échéances claires et un suivi rigoureux réduisent nettement les impayés. Concrètement : facturer sans délai, afficher une date d’échéance précise, rappeler le taux de pénalité et l’indemnité de 40 €, et relancer automatiquement dès le premier jour de retard.

C’est là qu’un logiciel de facturation change la donne. Il calcule l’échéance à partir du délai choisi, insère automatiquement les mentions légales obligatoires, suit l’état de chaque facture (envoyée, en attente, en retard) et déclenche des relances programmées. Vous gardez une vision en temps réel de votre trésorerie sans ressaisie ni oubli, et vous êtes prêt pour l’obligation de facturation électronique qui se déploie à partir de septembre 2026.

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Questions fréquentes

Quel est le délai légal de paiement d’une facture entre professionnels ?

À défaut d’accord, le paiement est dû au plus tard 30 jours après la réception des marchandises ou l’exécution du service. Les parties peuvent négocier un délai plus long, plafonné à 60 jours à compter de l’émission de la facture, ou 45 jours fin de mois par dérogation.

Comment se calcule un délai de 45 jours fin de mois ?

Deux méthodes sont admises : ajouter 45 jours à la date d’émission de la facture puis reporter à la fin du mois obtenu, ou aller à la fin du mois d’émission puis ajouter 45 jours. Les professionnels choisissent entre ce mode et le délai de 60 jours nets, sans pouvoir les cumuler.

Faut-il une relance pour appliquer des pénalités de retard ?

Non. Les pénalités de retard sont dues de plein droit dès le premier jour suivant l’échéance, sans qu’une relance ou une mise en demeure soit nécessaire. Le taux est celui fixé dans les CGV ou, à défaut, le taux directeur de la BCE majoré de 10 points.

L’indemnité de 40 € s’applique-t-elle une fois ou par facture ?

L’indemnité forfaitaire pour frais de recouvrement de 40 € est due par facture impayée à l’échéance, et non une seule fois par client. Elle est forfaitaire (40 € quel que soit le nombre de jours de retard) et s’ajoute aux pénalités. Si les frais réels dépassent 40 €, une indemnisation complémentaire peut être demandée sur justificatifs.

Que faire face à une facture qui reste impayée ?

Procédez par étapes : une relance amiable écrite, puis une mise en demeure par courrier recommandé, et enfin une action judiciaire si nécessaire. L’injonction de payer est la procédure la plus adaptée à une créance certaine et non contestée. La médiation des entreprises offre une alternative gratuite avant tout contentieux.