Comprendre

Split tunneling : définition et cas d’usage

MCLa rédaction MiisterSoftware Mis à jour le 12 juillet 2026 7 min de lecture
Trafic partagé Par app ou site Gagne en débit Réduit la protection
Split tunneling

TL;DR, l’essentiel

  • Le split tunneling (tunnelisation partagée) permet de choisir quelles applications ou quels sites passent par le VPN, et lesquels utilisent votre connexion normale.
  • Utile pour gagner en débit, accéder en même temps à des services locaux et étrangers, ou éviter qu’une app bancaire bloque une IP de VPN.
  • Le revers : tout ce qui sort du tunnel n’est plus protégé. C’est un compromis confort contre sécurité, à manier en connaissance de cause.

Quand vous activez un VPN, par défaut tout votre trafic passe par le tunnel chiffré. Le split tunneling, littéralement « tunnelisation partagée », casse cette règle du tout ou rien : il vous laisse trier ce qui emprunte le VPN et ce qui l’évite. Pratique, mais pas anodin côté sécurité. Voici la définition claire, les vrais cas d’usage, les limites à connaître et la marche à suivre pour le configurer.

Le split tunneling, c’est quoi exactement ?

Vérifiez sur-le-champ

Le tunnel sélectif fait sortir certaines applications en direct. Notre outil mon adresse IP vous montre par où sort votre navigateur, ce qui ne dit rien du reste.

Le split tunneling est une fonction proposée par la plupart des VPN sérieux qui divise votre trafic internet en deux flux distincts. Un flux traverse le tunnel VPN chiffré (avec IP masquée), l’autre passe directement par votre fournisseur d’accès, comme si le VPN n’existait pas. Vous décidez vous-même de la répartition, application par application ou site par site.

Sans split tunneling, c’est simple mais rigide : le VPN est un interrupteur global qui protège l’ensemble du trafic. Avec, vous obtenez un réglage fin. Concrètement, il se passe ceci quand vous l’activez.

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Vous définissez une règle

Dans l’application VPN, vous désignez les apps ou les adresses concernées : soit celles qui doivent rester dans le tunnel, soit au contraire celles qui doivent le contourner, selon le mode choisi (voir plus bas).

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Le trafic se sépare

Au moment où les données quittent votre appareil, le client VPN les aiguille : le flux « protégé » part chiffré vers le serveur VPN, le flux « exclu » emprunte votre connexion habituelle en clair.

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Deux identités en parallèle

Résultat : certains services vous voient sous l’IP du serveur VPN (à l’étranger, par exemple), d’autres sous votre IP réelle et locale, en même temps, sans avoir à couper le VPN.

En une phrase

Le split tunneling remplace l’interrupteur « tout ou rien » du VPN par un tableau de bord où vous choisissez, ligne par ligne, ce qui est protégé et ce qui ne l’est pas. Pour revoir le principe du tunnel chiffré, notre article « un VPN, c’est quoi » pose les bases.

Split tunneling

Comment fonctionne la tunnelisation partagée ?

Selon le VPN et la plateforme, le split tunneling se présente sous deux logiques opposées, qu’il faut bien distinguer pour ne pas se tromper de réglage :

  • Mode « exclusion » (inverse) : le VPN protège tout, sauf les applications que vous placez dans une liste. Idéal quand une seule app pose problème (une banque, une appli de livraison) pendant que le reste reste sécurisé.
  • Mode « inclusion » : rien ne passe par le VPN, sauf les applications que vous ajoutez. Utile quand vous ne voulez chiffrer qu’un ou deux usages précis (un navigateur, un client torrent) et laisser tout le reste en direct.

La séparation se fait le plus souvent par application (sur ordinateur et sur Android), mais certains VPN gèrent aussi le split tunneling par URL ou par domaine via une extension de navigateur, ou par adresse IP sur les routeurs. Techniquement, le client VPN modifie la table de routage du système pour envoyer chaque paquet vers la bonne interface réseau.

Vos apps🔀 split🔒 Tunnel VPN (IP masquée) · ⚡ Connexion directe (IP réelle)
Le split tunneling aiguille chaque application vers le tunnel chiffré ou vers votre connexion normale.

À quoi sert le split tunneling au quotidien ?

La tunnelisation partagée répond à des situations très concrètes, où le « tout dans le VPN » devient gênant :

  • Accéder à des services locaux et étrangers en même temps : regarder un catalogue de streaming américain via le VPN tout en gardant l’accès à votre banque française ou à un site de l’administration, qui n’aiment pas les IP étrangères.
  • Garder les appareils du réseau local joignables : imprimante, NAS, box domotique. Ces équipements deviennent souvent inaccessibles quand tout le trafic part dans le tunnel ; l’exclusion les laisse à portée.
  • Ne chiffrer que ce qui compte : protéger uniquement le téléchargement P2P ou un navigateur, sans ralentir le reste.
  • Éviter les blocages géographiques indésirables : certaines applis bancaires ou de paiement se bloquent ou réclament une double vérification dès qu’elles détectent une IP de VPN. Les exclure évite ces frictions.

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Quels sont les avantages du split tunneling ?

Le principal bénéfice est le confort d’usage, mais il y a aussi un vrai gain de performance :

  • Plus de débit : le chiffrement et le détour par un serveur distant coûtent toujours un peu de vitesse. En sortant du tunnel les usages gourmands qui n’ont pas besoin de protection (jeu en ligne, mises à jour, streaming d’un service local), vous économisez de la bande passante pour ce qui reste dans le VPN.
  • Moins de conflits : fini les sites qui vous croient à l’étranger alors que vous vouliez juste sécuriser un autre onglet.
  • Réseau local préservé : vos appareils connectés restent accessibles sans couper la protection.
  • Un VPN qu’on garde allumé : parce qu’il devient moins contraignant, on a moins tendance à le désactiver « juste deux minutes », ces deux minutes où l’on est justement exposé.

Bon réflexe

Le meilleur usage du split tunneling est l’exclusion ciblée : gardez le VPN actif partout par défaut, et ne retirez du tunnel que les rares apps qui posent réellement problème. Vous conservez l’essentiel de la protection tout en réglant vos irritants.

Quiz éclair

Que permet précisément le split tunneling ?

Quelles sont ses limites de sécurité ?

Le point d’honnêteté indispensable : par définition, tout ce que vous sortez du tunnel n’est plus protégé. Ce trafic circule avec votre IP réelle, visible par votre fournisseur d’accès et par les sites concernés, sans le chiffrement du VPN. Le split tunneling est un compromis, pas un réglage gratuit.

  • Exposition partielle : une app exclue par erreur, ou qui manipule des données sensibles, se retrouve à découvert. Sur un Wi-Fi public, c’est exactement le risque qu’un VPN était censé neutraliser.
  • Fuites DNS possibles : selon l’implémentation, les requêtes DNS du trafic exclu peuvent passer en clair par votre FAI et trahir les sites visités.
  • Erreurs de configuration : une règle mal réglée peut laisser fuir plus que prévu, sans alerte visible. On croit protégé ce qui ne l’est pas.
  • Le kill switch ne couvre pas tout : le kill switch, qui coupe la connexion si le tunnel tombe, ne surveille que le trafic dans le VPN. Le flux exclu, lui, continue quoi qu’il arrive.
Le split tunneling échange un peu de sécurité contre du confort. Si vous ne savez pas quoi exclure, mieux vaut ne rien exclure.

À éviter

Ne sortez jamais du tunnel une application qui traite des données sensibles (banque en ligne sur réseau non sûr, messagerie confidentielle, accès pro). Et rappelez-vous qu’un VPN, split tunneling ou non, ne vous rend pas anonyme : votre identité déclarée (comptes, cookies) continue de vous suivre.

Comment configurer le split tunneling ?

La marche à suivre varie d’un VPN à l’autre, mais la logique reste la même sur la plupart des applications de bureau et sur Android :

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Ouvrez les réglages du VPN

Rendez-vous dans Paramètres ou Réglages avancés de l’application, puis cherchez l’entrée « Split tunneling » (parfois appelée « Tunnelisation partagée », « Bypasser » chez Surfshark ou « Apps fractionnées »).

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Choisissez le mode

Sélectionnez exclusion (protéger tout sauf…) ou inclusion (ne protéger que…), selon votre besoin. En cas de doute, l’exclusion ciblée est le choix le plus sûr.

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Ajoutez vos applications

Cochez les apps concernées dans la liste (navigateur, client P2P, appli bancaire…). Certaines applications proposent aussi le filtrage par site web via l’extension navigateur.

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Vérifiez le résultat

Reconnectez le VPN et testez : sur une app protégée, un site de détection d’IP doit afficher l’adresse du serveur VPN ; sur une app exclue, votre IP réelle. Vérifiez aussi l’absence de fuite DNS.

Le cas de l’iPhone

Sur iOS et iPadOS, le split tunneling par application n’est en général pas disponible : Apple restreint fortement l’accès des VPN au routage système. On le retrouve surtout sur Windows, macOS (selon les apps), Android et les routeurs. Vérifiez la compatibilité avant de compter dessus.

Sur quels VPN trouve-t-on le split tunneling ?

C’est une fonction devenue courante chez les fournisseurs premium, mais son étendue varie selon la plateforme. Parmi les VPN qui la proposent en juillet 2026 : NordVPN (Windows et Android), Surfshark (sous le nom « Bypasser »), Proton VPN (Windows et Android, open source) ou ExpressVPN. Attention aux nuances de plateforme : la disponibilité sur macOS et l’absence quasi générale sur iOS font que le split tunneling ne doit pas être le seul critère de choix. Comptez sur un bon VPN payant entre 1,75 € et 3 € par mois sur un engagement de deux ans (tarifs promotionnels indicatifs relevés en juillet 2026, hors renouvellement).

#1NordVPNSplit tunneling Windows/Android, no-log audité4.7/5
#2Surfshark« Bypasser », appareils illimités4.6/5
#3Proton VPNOpen source, suisse, split tunneling inclus4.6/5

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L’étape suivante

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Questions fréquentes

Qu’est-ce que le split tunneling en résumé ?

Le split tunneling, ou tunnelisation partagée, est une fonction de VPN qui divise votre trafic en deux flux : certaines applications ou sites passent par le tunnel VPN chiffré (IP masquée), d’autres utilisent votre connexion internet normale (IP réelle). Vous choisissez vous-même la répartition, ce qui permet d’accéder à des services locaux et étrangers en même temps.

Le split tunneling est-il dangereux pour la sécurité ?

Il comporte un risque : tout le trafic exclu du tunnel n’est plus protégé et circule avec votre IP réelle, sans chiffrement. Une app mal configurée ou traitant des données sensibles peut se retrouver exposée, notamment sur un Wi-Fi public. Bien utilisé (exclusion ciblée de quelques apps sans enjeu), il reste raisonnable ; mal réglé, il crée une fuite silencieuse.

À quoi sert concrètement le split tunneling ?

Il sert à gagner en débit sur les usages qui n’ont pas besoin du VPN, à garder l’accès aux appareils du réseau local (imprimante, NAS), à utiliser en parallèle un service étranger via le VPN et un service local (banque, administration) en direct, et à éviter que certaines applis bancaires bloquent une IP de VPN.

Comment activer le split tunneling ?

Ouvrez les réglages avancés de votre application VPN, trouvez l’option « Split tunneling » (ou « Tunnelisation partagée », « Bypasser »), choisissez le mode exclusion ou inclusion, puis ajoutez les applications concernées. Reconnectez le VPN et vérifiez le résultat avec un test d’IP et un test de fuite DNS.

Le split tunneling est-il disponible sur iPhone ?

Le plus souvent non. Sur iOS et iPadOS, Apple restreint fortement le routage des VPN, si bien que le split tunneling par application n’est généralement pas proposé. On le retrouve surtout sur Windows, Android, certaines versions macOS et sur les routeurs. Vérifiez la compatibilité de votre plateforme avant de compter dessus.